Le nœud de rappel (corde à double)

Dans la pratique de l’alpinisme et de l’escalade, une part importante d’accidents a lieu lors de la descente en rappel.

Voir, par exemple :

Plusieurs facteurs tant techniques qu’humains l’expliquent. A la fatigue, s’ajoute parfois la tombée de la nuit, l’urgence de rentrer et la fin de la tension nerveuse qui accompagne l’arrivée au sommet (d’une montagne ou d’une voie).

Une course n’est terminée que lorsque l’on est rentré au refuge, pas au sommet.

Sur le plan technique, le nœud de jonction (raccord, raboutage) entre les deux brins d’une corde à double est un élément de sécurité à ne pas négliger. Il supportera les équipiers lors de leur descente ; il doit à la fois tenir, être facile à faire et ne pas « faciliter » le coincement de la corde.

Suivant les époques de l’alpinisme et les pays, différents nœuds ont été enseignés et recommandés dans ce but. On dispose aujourd’hui de suffisamment d’expérimentation en laboratoire, de retours d’expériences sur le terrain et de données d’accidentologie pour savoir quel(s) nœud(s) retenir. Et ils sont loin de se valoir !

Lors des initiations et des sorties organisées par Roc 14, l'utilisation du nœud simple est préconisée1), en veillant à bien serrer chaque brins (les 4) et laisser dépasser les brins sur au moins une vingtaine de cm.

noeud_simple_double.jpg

Les dangers liés aux nœuds de raccord sont :

  • Les risques de ruptures (un nœud diminue la résistance de la corde d'au moins 50%)
  • Les risques qu'il ne tienne pas (une corde neuve ou rigide aura plus tendance à défaire un nœud mal serré)
  • Les risques qu'il glisse (le nœud peut rouler sur lui même jusqu'à sortir laisser filer un brin)
  • Les risques qu'il bloque le rappel de la corde (un nœud symétrique aura davantage tendance à se coincer dans les aspérités de la roche)

Afin de se faire une opinion personnelle des nœuds, cet article fournit une documentation sur les études en laboratoires et de terrains, ainsi que les conclusions des différentes fédérations.

  • Une étude anglaise de « Needle sports » sur la résistance au glissement des nœuds :
    Abseil Knots

En résumé, les nœuds les plus résistants et qui ne se coincent pas trop facilement sont : le nœud de huit et le nœud simple. Entre les deux, le nœud simple est le plus fréquemment recommandé.

Le nœud simple doit absolument être bien serré (les quatre brins séparément). Sinon, il devient le tristement célèbre European Death Note (Wikipedia) : sous tension, le nœud se déforme et peut se défaire. Cela peut aussi être le cas du nœud en huit qui peut se retourner et progresser ainsi vers les extrémités de la corde.

Pour le nœud simple, une autre manière de régler le problème est d’en faire deux à la suite (solution testée dans l’étude de Needle Sports). Ne pas oublier non plus de laisser dépasser les brins du nœud d’une trentaine de centimètres environ.

A noter que le nœud de huit reste recommandé comme nœud de rappel et notamment par la FFME : www.ffme.fr - Les nœuds de jonction ou la FQME (Québec) : www.fqme.qc.ca - Le nœud en huit double.

Quelques liens pour approfondir :


1) le grimpeur reste seul en charge de sa propre sécurité, il lui appartient de n'utiliser que des techniques qu'il a étudié et révisé, et sur lesquelles il a pu avoir une connaissance des risques et conditions d'utilisation, notamment grâce aux informations fournis dans cet article